Compost maison : la méthode simple (proportions brun/vert, erreurs à éviter)

Composteur de jardin ouvert montrant les couches brunes et vertes, illustration de l’article « Compost maison : la méthode simple

Réussir son compost repose sur une règle d’or : environ 2/3 de matières brunes (sèches, carbonées : feuilles mortes, carton) + 1/3 de matières vertes (humides, azotées : épluchures, tontes), le tout aéré et humide comme une éponge essorée. Suivez ce ratio, couvrez toujours les apports verts avec des bruns, et vous obtiendrez un compost sans odeur, sans moucherons, prêt en 3 à 6 mois. Voici la méthode pas-à-pas, les listes de ce qu’on peut mettre ou non, et les solutions rapides aux problèmes courants.

Choisir son composteur selon l’espace

Adaptez votre système à votre lieu de vie et à votre volume de déchets.

Bac de jardin (aéré, 300–600 L)

Le classique pour maison avec jardin. Préférez un bac en bois non traité ou plastique aéré (parois trouées pour l’oxygénation). Capacité minimum 300 L pour maintenir une température favorable à la décomposition. Placez-le à mi-ombre, accessible toute l’année.

Avantages : grande capacité, compostage rapide si bien géré.
Inconvénients : nécessite de l’espace extérieur.

Tas au sol (si terrain)

Pour ceux qui disposent d’un grand jardin. Empilez directement au sol en alternant couches brunes et vertes. Délimitez la zone avec des planches ou palettes.

Avantages : volume illimité, contact avec la terre (vers, micro-organismes).
Inconvénients : moins esthétique, accès possible aux rongeurs si mal géré.

Lombricomposteur (appart/balcon)

Système fermé avec vers de compost (Eisenia) qui transforment les épluchures en quelques semaines. Compact (20–60 L), odeurs nulles si bien équilibré.

Avantages : rapide (2–3 mois), parfait intérieur/balcon, engrais liquide récupérable.
Inconvénients : sensible aux variations (température, humidité), volume limité.

Bokashi (pré-fermentation cuisine, puis maturation)

Méthode japonaise : seau hermétique + micro-organismes (son de bokashi). Les déchets fermentent 15 jours, puis finissent au compost ou enterrés au jardin.

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Avantages : accepte viandes/poissons, très compact, jus fertilisant.
Inconvénients : nécessite achat de son bokashi, odeur de fermentation (normal mais forte).

📌 À retenir : Appartement/balcon → lombricomposteur + bokashi en complément. Jardin → bac ou tas.


Les bases : matières « brunes » vs « vertes »

Comprendre la différence entre bruns et verts garantit un compost équilibré.

Bruns (secs/carbonés) : carbone = énergie

Les matières brunes apportent du carbone, absorbent l’excès d’humidité, structurent le compost et évitent le compactage.

Exemples :

  • Feuilles mortes sèches
  • Carton brun non imprimé (boîtes d’œufs, rouleaux papier toilette)
  • Broyat de branches, BRF (Bois Raméal Fragmenté)
  • Paille, foin sec
  • Sciure de bois non traité (en petite quantité)
  • Papier journal noir & blanc (pas glacé)

Texture visée : sec, cassant, léger.

Verts (humides/azotés) : azote = croissance

Les matières vertes apportent l’azote nécessaire aux micro-organismes pour décomposer la matière. Elles sont riches en eau et en nutriments.

Exemples :

  • Épluchures de fruits et légumes (sauf agrumes en excès)
  • Marc de café + filtres papier
  • Tontes de gazon (en petites quantités, séchées)
  • Fleurs fanées, fanes de légumes
  • Sachets de thé en vrac (retirer agrafes)
  • Coquilles d’œufs broyées (neutres mais apportent du calcium)

Texture visée : humide, mou, riche en eau.

Ratios & gestes : 2/3 bruns, 1/3 verts, mélanger, aérer, humidifier

Le geste clé : à chaque apport de matières vertes (épluchures, tontes), ajoutez 2 fois plus de bruns par-dessus pour absorber l’humidité et couvrir les odeurs.

  • Mélangez : brassez à la fourche ou aérateur 1 fois par semaine pour oxygéner.
  • Humidifiez : le compost doit rester humide (éponge essorée). Ni sec (décomposition bloquée), ni gorgé d’eau (pourriture, odeurs).
  • Coupez : morceaux plus petits = décomposition plus rapide (max 5–10 cm).

📌 À retenir : Texture « éponge essorée » ; morceaux petits (couper épluchures épaisses, branches) ; toujours couvrir les apports verts avec des bruns.


Que mettre / que éviter (listes rapides)

✅ À mettre au compost

  • Épluchures de fruits et légumes (même pommes de terre)
  • Marc de café + filtres papier non blanchis
  • Coquilles d’œufs broyées (petits morceaux)
  • Carton brun non imprimé (déchiré en morceaux)
  • Fleurs fanées, bouquets, plantes d’intérieur
  • Thé en vrac, sachets papier (retirer agrafes métal)
  • Tontes de gazon (séchées 24h avant, en couches fines)
  • Feuilles mortes, paille, foin
  • Pain sec (en petites quantités, émietté)
  • Essuie-tout, serviettes papier non colorés
  • Cheveux, poils d’animaux (bien répartis)

❌ À éviter absolument

  • Viande, poisson, os : attirent rongeurs, odeurs fortes, lenteur décomposition
  • Produits laitiers (yaourt, fromage, beurre) : odeurs, moucherons
  • Huiles, graisses : imperméabilisent, ralentissent décomposition
  • Litières non végétales (sable, silice) ou souillées par excréments carnivores
  • Cendres fraîches en grande quantité (OK froides, petite dose pour pH)
  • Plantes malades ou traitées chimiquement
  • Agrumes en grande quantité non mélangés (OK en petites doses bien réparties)
  • Papier glacé, imprimé couleur (encres problématiques)
  • Plastiques, métaux, verre
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📌 À retenir : En cas de doute, privilégiez les bruns (carton, feuilles). Ils stabilisent toujours le compost.


Routine d’entretien (1 min/semaine)

Un compost bien géré demande peu d’efforts. Voici les gestes hebdomadaires :

  1. Brasser/aérer : fourche, aérateur ou simple bâton, remontez la base vers le haut. Apport d’oxygène = décomposition active.
  2. Ajouter des bruns si humide/odorant : carton déchiré, feuilles sèches. Recouvrez immédiatement les verts frais.
  3. Arroser si trop sec : arrosoir à pomme fine, quelques litres. Test du poing serré : doit libérer quelques gouttes sans ruisseler.
  4. Couvrir la surface : paillis, carton plat, couvercle si composteur fermé. Protection contre pluie excessive et insectes.

Fréquence idéale : 1 brassage par semaine en période active, 1 fois/mois en hiver.

📌 Astuce gain de temps : gardez un seau de bruns (carton déchiré, feuilles) à côté du composteur pour couvrir instantanément chaque apport.


Dépannage : odeurs, moucherons, humidité, lenteur

Voici les problèmes les plus fréquents et leurs solutions immédiates.

ProblèmeCause probableSolution rapidePrévention
Odeur d’œuf pourriTrop de verts, manque d’airAjouter bruns (carton/feuilles), brasser vigoureusementAlterner couches bruns/verts systématiquement
Nuée de moucheronsMatière fraîche exposée à l’airRecouvrir immédiatement de 5–10 cm de bruns, fermer couvercleEnterrer les verts sous les bruns, couvercle hermétique
Trop sec, décomposition lenteManque d’eau, excès de brunsHumidifier par arrosage fin, mélangerCouvercle/paillage pour retenir humidité
Trop humide, gluantExcès d’eau ou de verts (tontes)Ajouter carton/feuilles sèches, drainer si possibleÉviter tontes en gros paquets, sécher avant
Ça ne chauffe pasVolume trop petit, mélange pauvreAjouter plus de verts variés, brasser, augmenter volumeApports réguliers, broyat pour structure

Sur mobile, balayez le tableau horizontalement pour voir toutes les colonnes.

📌 À retenir : 90 % des problèmes se règlent en ajoutant des bruns et en brassant.


Calendrier : quand utiliser le compost

Maturation : 3–6 mois en moyenne

  • Lombricompost : 2–3 mois (vers très actifs)
  • Compost chaud (bien géré, brassé) : 3–4 mois
  • Compost froid (apports irréguliers) : 6–12 mois

Prêt quand ?

Votre compost est mûr si :

  • Couleur : brun foncé à noir
  • Odeur : sous-bois, terre de forêt (jamais ammoniaque ou pourri)
  • Texture : grumeleuse, friable, homogène
  • Morceaux : plus de déchets identifiables (sauf coquilles d’œufs, petites branches)

Test du cresson : semez quelques graines de cresson dans le compost. Si elles germent bien, il est prêt.

Usages du compost mûr

  • Plantation : mélangez 20–30 % de compost à la terre du trou de plantation
  • Paillage : couche de 5–10 cm autour des plantes (arrosage, mauvaises herbes)
  • Terreau maison : compost + terre de jardin + feuilles broyées (1/3 chacun)
  • Enrichissement pelouse : tamisez, épandez 1–2 cm au printemps/automne
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📌 À retenir : Un compost « jeune » (2 mois) peut servir de paillis. Un compost mûr (6 mois) se mélange à la terre.


Cas particuliers & astuces

Balcon/appartement : lombricompost + bokashi

Lombricomposteur = quotidien (épluchures). Bokashi = viandes/poissons occasionnels (puis enterrer ou finir au compost collectif).

Astuce : installez le lombricomposteur dans un coin du balcon à l’ombre, ou sous l’évier (température stable 15–25°C).

Grandes tontes de gazon

Les tontes fraîches en gros paquet fermentent et sentent fort. Solutions :

  • Séchez 24–48h au soleil avant compostage
  • Alternez avec beaucoup de bruns (feuilles, carton)
  • Ou utilisez comme paillis direct au jardin (couche fine 2–3 cm)

Branches et broyat

Branches épaisses (>2 cm) se décomposent très lentement. Broyez-les ou utilisez-les en BRF (Bois Raméal Fragmenté) pour pailler les massifs. Le broyat aère et structure le compost.

Astuce : certaines déchetteries proposent broyage gratuit ou location de broyeur.

Compostage selon les saisons

Hiver : décomposition ralentie (froid). Limitez les apports volumineux, couvrez le compost (bâche, paillis épais) pour isoler. Les vers descendent en profondeur.

Été : décomposition rapide, évaporation forte. Surveillez l’humidité, arrosez si nécessaire. Ombragez si possible (canicule dessèche le compost).

📌 À retenir : Le compost vit toute l’année, mais ralentit sous 10°C et accélère à 20–30°C.


Questions fréquentes (FAQ)

Quelles proportions brun/vert pour un bon compost ?

Visez environ 2/3 de matières brunes (sèches, carbonées : feuilles, carton) et 1/3 de matières vertes (fraîches, azotées : épluchures, tontes), avec une humidité équivalente à une éponge essorée. Ce ratio garantit équilibre carbone/azote et décomposition optimale.

Comment éviter odeurs et moucherons ?

Recouvrez toujours les apports verts par 5–10 cm de bruns, aérez régulièrement (1 fois/semaine) et maintenez une humidité modérée (ni détrempé, ni sec). Les odeurs signalent un déséquilibre (trop de verts, manque d’air). Les moucherons apparaissent si les épluchures sont exposées.

Que ne faut-il pas mettre au compost ?

Évitez viande, poisson, produits laitiers, huiles, litières non végétales et grandes quantités d’agrumes non mélangées. Ces déchets attirent les nuisibles, ralentissent la décomposition ou créent des déséquilibres (acidité, imperméabilisation).

Peut-on composter les agrumes ?

Oui, en petites quantités et bien mélangés aux bruns. Les agrumes sont acides et peuvent ralentir l’activité microbienne si ajoutés en masse. Coupez-les en morceaux, répartissez-les dans le compost, couvrez de bruns.

Combien de temps pour obtenir du compost mûr ?

En général 3 à 6 mois selon le volume, le mélange, la saison et la fréquence de brassage. Un lombricompost bien géré peut être prêt en 2–3 mois. Un tas froid (apports irréguliers) prendra 6–12 mois.

Faut-il des activateurs de compost ?

Optionnels. Un compost bien équilibré (bruns/verts, air, humidité) se décompose naturellement. Les activateurs (poudres, micro-organismes) peuvent accélérer le démarrage, mais une poignée de vieux compost ou de terre de jardin fait aussi bien (apport de micro-organismes gratuit).


Pas-à-pas : démarrer son compost (méthode couches alternées)

  1. Préparez la base : 10–15 cm de broyat ou branches (drainage)
  2. Couche brune (10 cm) : feuilles mortes, carton déchiré
  3. Couche verte (5 cm) : épluchures, tontes séchées, marc de café
  4. Couvrez de bruns (5 cm) : carton, feuilles
  5. Humidifiez légèrement : arrosoir, quelques litres (texture éponge essorée)
  6. Répétez : alternez bruns/verts à chaque apport, toujours finir par des bruns
  7. Brassez : 1 fois/semaine, remontez la base vers le haut
  8. Patientez : 3–6 mois, surveillez humidité/odeur

Checklist outils :

  • Seau de cuisine avec couvercle
  • Fourche ou aérateur de compost
  • Arrosoir à pomme fine
  • Gants de jardinage
  • Réserve de bruns (carton, feuilles) à portée de main


Méthodologie : Les proportions et techniques s’appuient sur les recommandations de l’ADEME (Agence de la transition écologique), les retours de composteurs expérimentés et les observations en compostage collectif et individuel. Chaque compost est unique : ajustez selon votre climat, vos déchets et votre patience.

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